Je travaille avec une palette volontairement limitée, utilisant généralement seulement trois ou quatre couleurs.
Ce choix n’est pas une question de simplicité. C’est une question de concentration.
Ce qui m’intéresse le plus est l’interaction entre les couleurs et le phénomène du contraste simultané. Lorsque des couleurs sont placées côte à côte, elles modifient mutuellement leur apparence. Un gris peut sembler bleu. Un vert peut devenir plus lumineux. L’impression produite par une couleur dépend non seulement du pigment lui-même, mais aussi des couleurs qui l’entourent.
En limitant la palette, je réduis l’éventail des intensités colorées disponibles et j’oblige chaque mélange à jouer un rôle plus important. Cela crée des relations visuelles plus fortes et des vibrations colorées plus actives aux frontières entre les zones de couleur.
Ces vibrations m’aident à diriger l’attention du spectateur vers ce qui est essentiel dans la peinture. La couleur devient non seulement une description de ce qui est vu, mais aussi un outil de composition. Elle guide le regard à travers l’image et renforce l’impression centrale qui a inspiré l’étude dès le départ.